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Comment faire grandir son imaginaire avec la Cie G. Bistaki

Du 29 juin au 3 juillet, Transfert accueillait le collectif G. Bistaki pour une résidence artistique au cœur du site. Après cinq jours de travail in situ et en amont de leur sortie de résidence prévue ce samedi 4 juillet, rencontre avec Sylvain Cousin, manipulateur d’objets et danseur de la Cie G. Bistaki.

Collectif créé en 2010 à Toulouse, le G. Bistaki regroupe huit artistes autour de la danse, la comédie et la jonglerie. Au cœur de leur travail, « l’exploitation infinie d’un objet par un corps dans un espace ». C’est-à-dire comment adapter, intégrer, manipuler, s’approprier un objet en fonction d’un environnement donné ? Parmi les objets d’expérimentation à leur actif : du maïs et des pelles à neige dans The Baïna Trampa Fritz Fallen, une tuile et un sac à main dans Cooperatzia… Chaque spectacle est unique et fait suite à un temps de résidence dans les lieux de représentation. Entre laboratoire créatif et cirque chorégraphique, la Cie G. Bistaki évolue de manière lente et informelle, tels des archéologues du futur, pour mieux surprendre et questionner.

Transfert : Votre travail lie le triangle corps-objet-espace. Quel a été le point de départ de votre réflexion ?

G.Bistaki : De part nos expériences personnelles, le triangle corps-objet-espace est quelque chose qu’on maîtrise toutes et tous de manière tacite. Notre réflexion commune part donc d’une envie. Une envie de sortir de nos codes habituels de spectacles pour aller vers des choses nouvelles. De sortir des objets de jonglage pour les jongleur·se·s, des plateaux de danse pour les danseur·se·s, d’aller se confronter à de nouveaux espaces et retourner à la matière.

T : Comment choisissez-vous le ou les objets d’expérimentation ?

Les choix d’objets se font en résidence, en jouant avec. Par exemple, sur Cooperatzia on a testé avec des glaçons, des gouttières, pour finir avec des tuiles et des sacs à main. On attache aussi une grande importance à la silhouette et à ce qu’on appelle l’objet-costume.

« L’imaginaire grandit au fur et à mesure qu’on se met en action. »

Sylvain Cousin, Compagnie G. Bistaki

T : Un motto revient dans la plupart de vos travaux : « Rester vierge malgré et contre tout ! ». Pouvez-vous expliquer cette phrase ?

Pour nous, « rester vierge » signifie qu’on peut travailler, par exemple, avec une musique hyper connue, très utilisée et nous considérer comme vierge par rapport à ça. Si cette musique est la bonne, on l’utilisera. « Rester vierge » veut dire ça, pouvoir se permettre les choses sans se juger, sans se censurer.

« On a tendance à ne pas politiser notre propos artistique sur scène. Plutôt que politiser, on préfère poétiser. »

Sylvain Cousin, Compagnie G. Bistaki

T : Comment se sont passés vos cinq jours de résidence à Transfert ?

C’est assez étonnant comme espace. Je découvre un espèce de Burning Man nantais, situé au milieu d’un grand terrain vague, avec une rocade d’un côté, des avions qui passent au-dessus… Il y a en même temps une espèce d’effervescence humaine, je trouve ça superbe et surprenant. Pour la résidence, c’est super de profiter du chapiteau et d’un terrain vague sur lequel on peut faire ce qu’on veut. C’est une belle zone de création, d’improvisation. D’autant que quand on improvise dans un espace comme celui-ci, ce dernier a forcément une influence. Ce matin par exemple, on a déliré autour du crâne de vache. Il s’est passé un super truc à ce moment-là, ça va rester gravé. C’est le genre de moment qui déteint sur scène et devient une sorte de mémoire corporelle et collective.

T : Vous présentez le spectacleBel Horizon samedi. Peux-tu parler ?

Pour moi, Bel Horizon c’est la rencontre avec une tribu qui a des moeurs un peu particulières et qui va chercher à s’extraire d’une sorte de suractivité. L’idée c’est de poétiser le quotidien de cette tribu et les manières qui lui sont propres. En ce qui concerne les objets, pour ce spectacle, on travaille avec des fleurets et des vases. Le vase représente un côté un peu précieux et ancestral. Le fleuret résonne avec nos recherches sur l’art de la guerre. Le tout va amener de l’humour, de la manipulation d’objets et de la poésie.

T : Question subsidiaire : qui est Georges Bistaki ?

C’est notre mentor. Il est intemporel, il traverse les âges avec sa barbe blanche. Il est avec nous dans le cœur, il passe de temps en temps nous voir, mais on ne sait jamais quand. D’ailleurs, il sera peut-être là samedi. Venez donc le rencontrer !

Photos © Pick Up Production

Publié le 3 juillet 2020