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La psychanalyse urbaine, ou comment l'ANPU veut "diagnostiquer Rezé et la métropole nantaise"

Le collectif ANPU, pour Agence Nationale de Psychalanyse Urbaine, rassemble des scientifiques en architecture potentialiste, modélisme urbain, para-sociologie, polypolisme, krypto-linguistique, landscaping ou photoshopping. Toute cette équipe de chercheurs a réussi à mettre au point un nouveau procédé destiné à diagnostiquer et guérir les villes, la psychanalyse urbaine. Prochain cobaye : la ville de Rezé et la métropole nantaise.

Vous n’avez pas tout compris ? Rien de plus normal. C’est tout un programme absurde et une mise en scène décalée que propose l’ANPU. Ce qui est intéressant dans le travail de ce collectif, c’est qu’au-delà du caractère à la fois farfelu et pseudo-scientifique de leur proposition, ils pointent et démontrent, par le décalage de point de vue, de nombreuses problématiques de territoires bien réelles. Ils travaillent à partir d’un protocole d’enquêtes publiques et d’entretiens qui donnent lieu à des restitutions sous diverses formes (conférences, expositions, panneaux de chantiers, etc.).

Allonger la ville sur un divan, l’exemple brestois

Pour présenter leur travail, partons d’un exemple avec la psychanalyse urbaine menée à Brest de mai à novembre 2016. Après une enquête de long en large dans l’histoire de la ville, l’ANPU en a ressorti certaines problématiques pouvant aider à mieux appréhender la ville d’aujourd’hui et imaginer celle de demain.

La vidéo ci-dessus nous relate l’histoire d’une ville juchée sur un pic rocheux, cible de vents contraires, abandonnée dans une rade escarpée. Une ville de Brest qui s’est ensuite fortifiée, emmurée, armée, repliée sur elle-même sous l’égide de Richelieu. L’histoire ne la gâta point avec la Seconde Guerre Mondiale qui en 1944 fit couler du sang dans les rues de la ville complètement rasée. Trois ans plus tard, rebelote avec le pas-de-chance et l’explosion du Ocean Liberty qui déversa dans la rade près de 3 133 tonnes de nitrate d’ammonium. Aïe aïe ouille.

Abandonnée, privée de liberté, rasée, la psychanalyse de Brest nous expose un passif loin d’être futile. A la manière d’un·e psychologue, partant de ces événements passés, l’ANPU décrit joliment l’arrivée du « téléféérique » permettant à la ville de s’envoler. La réhabilitation des ateliers des Capucins, où hier encore les ouvriers de la Navale y dressaient le métal dans un bruit d’enfer, est également un bon exemple d’une ville reprenant en main son avenir. Le plateau des Capucins est aujourd’hui un nouveau site de 25 000 m2 dédié à l’habitat, à l’économie, aux loisirs, à la culture, au tourisme, à la diffusion culturelle, production artistique et industries créatives.

L’ANPU ou la psychologue de la ville, celle qui met des mots là où ça fait mal, qui fait ressortir le passé pour ouvrir les yeux sur un avenir plus radieux et vivre la ville un peu mieux.

Rezé s’allonge aussi sur le divan

Une étude similaire à celle de Brest, commanditée par Transfert, est en cours avec la ville de Rezé, ou Ratiatum pour les nostalgiques. Les invasions moyen-âgeuses, les guerres de Vendée et la destruction de Pont-Rousseau, le développement maritime de Trentemoult, la découverte des vestiges gallo-romains, l’édification de la Maison Radieuse du Corbusier, l’histoire des abattoirs et son démantèlement, l’arrivée de Transfert, du nouveau Marché d’Intérêt National… Les exemples ne manquent pas pour faire de l’histoire de Rezé une fable surréaliste digne d’un Benjamin Péret. Dans cette étude, outre le passé de la ville, il sera aussi question du présent et des évolutions plus récentes du territoire métropolitain et rezéen en terme notamment de démographie, d’économie, de culture, d’architecture, d’urbanisme, etc.

Photo opération divan ANPUI

La première phase de cette étude de cas a eu lieu ce mois-ci. Du 11 au 14 juin, l’ANPU s’est dirigée vers des personnalités et acteurs locaux comme les responsables du service du patrimoine et des archives, élu·e·s retiré·e·s des affaires, journalistes locaux, patron·nes de bar, responsables d’associations, artistes… Sont considéré·e·s comme « expert·e·s » toute personne susceptible de parler pendant des heures de sa ville, de sa région et de son histoire, grâce à une connaissance acquise sur le terrain via une longue pratique professionnelle, artistique ou associative.
Le 28 juin, le collectif monte une opération divan sur le marché de Rezé. Armé de transats, il invite tout un chacun à s’assoir et parler de leur ville, afin d’intégrer dans l’enquête les points de vue du grand public.
Après un travail de mise en forme, cette psychanalyse urbaine de Rezé fera l’objet d’une conférence menée par Laurent Petit qui présentera les données et informations récoltées.

Pour tout savoir sur ce qui s’est passé, se passe et se passera sur notre territoire métropolitain, rendez-vous le 12 juillet à Transfert dès 18h30 ! En parallèle, Clémence Jost assurera des permanences et Charles Alorffer fera des propositions d’urbanisme enchanteur. Leurs travaux seront exposés le 12 juillet et resteront sur le site cet été.

Publié le 26 juin 2019