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Delphine Soustelle Truchi : se “saisir des archives comme sujet proprement artistique”

Delphine Soustelle Truchi, artiste trentemousine (Rezé), conduit une série d’ateliers participatifs Transfert d’archives en lien avec son travail plastique et poétique autour des archives et de la mémoire collective. Cet été, elle propose un atelier de création de cartes postales d’archives, dans la lignée des ateliers de création partagée du burô des correspondances.

 

En tant que Rezéenne, en quoi c’était important pour toi de déterrer ces archives ?  

C’est une curiosité naturelle, je crois, que de se retourner sur l’histoire du lieu dans lequel on vit. « Habiter et être habité », comme dirait Godard, c’est indissociable ! C’est aussi une façon de se projeter vers l’avenir, de l’imaginer, de le rêver. Et puis il y a des circonstances dans la vie plus propices que d’autres, des rencontres qui permettent aussi de faire ce chemin.

Pourquoi est-il pertinent d’avoir un geste artistique collectif autour des archives ?

J’ai entrepris ce chantier à titre personnel il y a quelques années, que j’ai nommé « Archives sédimentales », en mêlant mes propres documents d’archives avec d’autres puisées aux Archives Municipales. Aujourd’hui, ce projet est marqué par la rencontre avec l’équipe de Pick Up. Le burô des correspondances assure le passage, fait le relais entre l’artiste, le public et le territoire de Transfert. Cet atelier de création partagée est la résultante de tout ce cheminement, garant de sens, porteur d’une histoire et ouvert aux rencontres. C’est très touchant de sentir que les personnes acceptent de jouer le jeu, de voir comment elles s’approprient les matériaux. Chacun de leur geste révèle leur propre histoire. L’aventure continue et elle est tout autant artistique qu’humaine !  

Quel est le processus de recherche quand on travaille avec des archives ?

Mon processus est singulier je crois. Car la première fois que j’ai mis les pieds aux archives, et ganté mes mains – à l’époque j’ai eu accès directement aux documents, et non aux fichiers numérisés – je n’avais pas de mobile particulier, pas de thème de recherche pré-établi. Aussi je me suis laissée porter de boîte en boîte. J’étais autant intéressée par l’univers propre aux archives, son système de classement, les contraintes de conservation qui vont avec, que les sources elles-mêmes. Mon approche est sensorielle, le rapport au toucher, les formes évolutives des supports et de la graphie, les traces du temps, m’ont conduite sur des détails très visuels qui pour moi ont une puissance évocatrice, une résonance poétique.

Quelle est l’archive la plus marquante à laquelle tu as eu accès ?

Les rouleaux de parchemin, les registres d’état civil, le recensement des appelés pendant la guerre, les bons de ravitaillement, tracts, tickets, correspondances, trouvés au Centre d’Histoire du Travail, et tout dernièrement un fond de photographies familiales que m’a fait découvrir Ronan Viaud, le directeur actuel des Archives de Rezé.

Devoir de mémoire ou droit à l’oubli ?

Mémoire et oubli fonctionnent de pair : c’est du vivant ! J’aime la relation que l’un entretient avec l’autre, le mouvement que ça génère en soi-même, le jeu de la lumière et de l’ombre. Ne pas forcer, juste laisser survenir. L’anamnèse, le retour à  la mémoire, est un processus en soi, comme toute démarche artistique. C’est pourquoi je vois une pertinence à me saisir des archives comme sujet proprement artistique. La démarche de création est un moyen détourné d’aborder la question du Temps. Par le biais de la manipulation d’images et de mots, on se rend vite compte que c’est eux qui nous parlent, et que l’enjeu est juste d’écouter notre for intérieur.

 

Transfert de Souvenir : tous les samedis, de 15h à 17h.

Restitution des ateliers dès Juillet dans l’atelier partagé.

http://parlafenetre.id.st/

Publié le 21 juin 2018